lundi 3 décembre 2007

AF2035

Un vol pas trés commun. Ça a commencé à Tegel-Berlin. Dans la salle d'attente, une voix m'interpelle, et pour cause, elle est pour le coup reconnaissable : en y regardant de plus près, il s'agit de Jeanne Moreau. Peu après suivent Jacques Toubon, Jean Marc Barr et enfin Axelle Laffont. Marrant. Tout ce beau petit monde s'installe en business.


J'arrive dans l'avion et déroule le speech désormais bien rodé pour faire le vol dans le cockpit. Après quelques échanges avec le commandant de bord, l'affaire est pliée, je suis tout content, je n'irai pas m'asseoir à coté des "people", je préfère largement poser mes fesses dans le cockpit. Je m'installe, l'équipage est le plus sympa jamais rencontré, une relation très bonne enfant s'installe. A tel point que le copilote me confie un casque et m'explique une petite console perso au plafond me permettant de choisir ce que je veux entendre entre le contrôle aérien, la cabine et les échanges du poste. J'adore ça. Je vis ensuite mon 2e décollage en A320 et c'est toujours le pied, mais rien comparé à ce qui m'attend.



La croisière se passe merveilleusement bien, on discute aéro évidemment mais aussi de sujets complètement exotiques. On m'apporte le petit encas et l'habituel coupe de champagne, bah oui je suis quand même en business! Je partage le dessert avec le copilote... Le captain me prend en photo. C'est la fête, je suis sur mon nuage, c'est le cas de le dire, un vrai gamin.



La descente s'amorce et s'annonce rock'n roll vu les vents annoncés sur Paris. J'analyse avec un intérêt certain leur travail pour préparer l'atterrissage, à force je commence à comprendre pas mal de chose, ça fait plaisir. Le copilote a même le temps de me placer un petit cours sur l'ILS (instrument landing system) qui va s'avérer très utile cette fois-ci. Ce système est une aide à l'atterrissage pour le vol aux instruments. Il gère 2 paramètres principaux : le localizer (écart avion/axe piste) et le glide (écart avion/plan de descente). Le calculateur va suivre ces 2 paramètres pour présenter parfaitement l'avion dans la prise de terrain.

Nous sommes dans les nuages, la pluie frappe les vitres, les secousses sont fortes. Quand vient l'instant magique où l'on passe sous les nuages. L'éclairage de la piste 26L de CDG nous saute aux yeux, là droit devant, et évidemment l'avion est parfaitement positionné. Je connais par coeur cette vue depuis mon simulateur mais là, j'y suis pour de vrai, immense excitation de profiter du spectacle court mais d'une intensité rare. Vent de 50 noeuds au 240 à 3000 pieds. On est secoué dans tous les sens. Le copilote annonce que l'on rencontre rarement des situations comme ça. Un instant, je me dis que certains passagers doivent être sacrément mal derrière et pressés de se poser. Je vis mon 2e aterro en A320 depuis le poste, et je comprends vite que celui là va être costaud. Le commandant de bord reprend le contrôle manuel de l'appareil. Vent de travers oblige, le nez de l'appareil n'est pas aligné avec la piste. L'avion est complètement en crabe. Le captain bataille pour maintenir l'avion malgre les rafales tout en gardant un calme impressionnant. 100m, 50, 10, 3, 2, 1: grand coup de palonnier pour remettre le zing dans l'axe (comme en vol à voile finalement), contacts, enclenchement de la reverse (pas comme en vol à voile finalement). On est posé, chapeau. Fabuleux moment à vivre. Un grand merci à l'équipage incroyablement sympa. Je suis décidement fan de ces cockpistons.

5 commentaires:

Monster a dit…

Voilà qui donnerait presque envie de s'envoyer en l'air...

Gillou a dit…

Super experience difficilement transcriptible par le texte... Tentez le coup aussi.

D'ailleurs un collègue a fait la meme demande mais sur un trajet en TGV et il fait tout le trajet dans la motrice aussi...

Unknown a dit…

RRRRRRRRRhhhhhhaaaaaa !!!
Follement excitant ...

Nutz a dit…

On s'y croirait ! Ca fait envie mais le cockpiston n'est pas à la portée de tout le monde !

Gillou a dit…

Bah si il est à la portée de tout le monde justement. Faut juste bien ammener la chose. Qui ne tente n'a rien Vincent.